L’impact de la météo

L’impact de la météo sur la santé, mythe ou réalité? Récemment, ce sujet a été étudié dans différentes parties du monde et la conclusion a été la même: c’est une réalité [66] à [75]. Des études ont même été faites sur 5 ans [66] ou pour d’autres les mécanismes biochimiques au niveau du cerveau ont été étudié [69].

Quand on parle de sensibilité au temps, il y a trois facteurs principaux :
– l’humidité/pluie
– pression atmosphérique
– température froide (en dessous de dix degrés)
Et de facteurs mineurs:
– les hautes altitudes
– les vents forts

Les études montrent qu’il y a significativement augmentation de la douleur quand le temps se détériore (augmentation de l’humidité, baisse de la température) [66] à [75]. L’exposition au froid entretiendrait les douleurs articulaires [67] et affecterait négativement les neuralgies [71]. Travailler dans un environnement froid est aussi associé avec la douleur chronique, en général dans au moins trois zones du corps [74]. Ce genre d’environnement est d’ailleurs déjà connu pour affecter les performances physiques et cognitives [74].

La sensibilité au temps (facteurs principaux) est associée à des symptômes cliniques au niveau articulaire [75] et affecte la qualité de vie des patients à cause de la douleur chronique augmentée [68].

Un déclencheur de migraines est un agent qui réduit le seuil de « tolérance » menant à ladite migraine. Il existe cinq grandes catégories de déclencheurs: le stress émotionnel, induit par les menstruations, par un sommeil perturbé, nourriture/alcool (comme le vin rouge), changement de temps (hautes altitudes, diminution de la pression atmosphérique, humidité, UV, chaleur) [69].Il a été noté quelques nuances. Les forts UV serait plus un déclencheur de céphalées et le vent fort serait plus un déclencheur de migraine [73]. L’humidité et la pression atmosphérique sont vraiment liées aux migraines [70].

L’aparté personnelle

Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis née et j’ai toujours vécu en Provence, là où l’on gagne la palme de l’endroit le plus ensoleillé de France. Depuis petite, j’ai toujours entendu les personnes âgés ou les soignants (kinés notamment) parler des fameuses douleurs des jours de pluie et des maux de tête les jours de vent. Aujourd’hui encore, ma kiné me demande quand il pleut comment je vais, si ce n’est pas trop difficile.

Ainsi pour moi, ce rapport à la météo a toujours été quelque chose de réel car je l’ai toujours ressenti (et je sais qu’une amie malade chronique qui vit près de moi aussi). Depuis longtemps, avant d’ouvrir les volets, je sais qu’il fait mauvais à cause de mes articulations. La pluie amplifient les douleurs à leur niveau mais réveille aussi les douleurs lancinantes dues à d’anciennes blessures, comme ma tendinite mal soignée.
Les jours de pluie/quand le ciel est très lourd j’ai plus facilement la migraine. Depuis toujours. Tout comme les jours de grand mistral.
Le froid et les courants d’air aussi ont toujours empiré mes douleurs globales et dégradé mon état général. De novembre à février, je suis, en général, au plus bas de ma forme.Et ce n’est pas nouveau. D’ailleurs, enfant, le pneumologue savait très bien quelle saison (automne) il était par rapport à mon asthme.

Je continuerai donc, avec mon amie, à râler contre ces nuages qui empirent ces douleurs qui sont déjà là en permanence. Mais, surtout, je ne déménagerai jamais de ma région où le soleil brille si souvent.

Bibliographie

[66] BMC Musculoskelet Disord (2021) 22:641 « Exposure‑lag‑response associations between weather conditions and ankylosing spondylitis: a time series study » Xin et al.

[67] Arthritis Research & Therapy (2016) 18:7 « Environmental cold exposure increases blood flow and affects pain sensitivity in the knee joints of CFA-induced arthritic mice in a TRPA1 dependent manner » Fernandes et al.

[68] BMC Rheumatology (2021) 5:14 « Weather sensitivity associated with quality of life in patients with fibromyalgia » Hayashi et al.

[69] DOI: 10.7759/cureus.14243 « Migraine Triggers: An Overview of the Pharmacology, Biochemistry, Atmospherics, and Their Effects on Neural Networks » Kesserwani

[70] Int. J. Environ. Res. Public Health 2018, 15, 1670; doi:10.3390/ijerph15081670 « Weather and Health Symptoms » Lee et al.

[71] Korean J Pain 2021;34(1):66-71 « Atypical triggers in trigeminal neuralgia: the role of A-delta sensory afferents in food and weather triggers » Koh et al.

[72] Journal of Taibah University Medical Sciences (2020) 15(4), 325e328 « Effect of cold weather on patients with orthopedic implants » Alakhras et al.

[73] Turk J Med Sci(2021) 51: 1406-1412 « The effect of weather variables on the severity, duration, and frequency of headache attacks in the cases of episodic migraine and episodic tension-type headache » AKGÜN et al.

[74] BMJ Open 2019;9:e031248. doi:10.1136/bmjopen-2019-031248 « Working in a cold environment, feeling cold at work and chronic pain: a cross-sectional analysis of the Tromsø Study » Farbu et al.

[75] Rheumatol Ther (2021) 8:1405–1417 « Self-Reported Weather Sensitivity is Associated with Clinical Symptoms and Structural Abnormalities in Patients with Knee Osteoarthritis: A Cross-Sectional Study » Xue et al.

Hanches, genoux, chevilles

La hanche hypermobile avec une douleur qui irradie jusqu’au genou, avec gêne lors de la marche est un symptôme très courant chez les SEDh/HSD. Il y a quatre problèmes majeurs, en plus de l’hyperextension, que l’on retrouve chez ces patients [24] [57]:
– syndrome de la hanche à ressaut, ressauts pouvant être interne ou externe. S’accompagne d’inconfort ou de douleur.
– (sub)luxation de la hanche. Contrairement à d’autres types de SED, une luxation de la hanche est rarement vu chez les SEDh/HSD à la naissance.
-bursite
– impact de hanche (impact femoroacetabular, FAI)

Le syndrome des jambes sans repos a été aussi trouvé comme symptômes.

Les douleurs aux genoux sont l’un des symptômes les plus courant chez les SEDh/HSD. Plusieurs grands troubles sont associés à cette articulation chez ces patients [24]:
– syndrome fémoro-patellaire. Associé aux douleurs lors de la marche, descente des escaliers … Sensation du genou qui va se dérober.
– maladie de Hoffa
– syndrome rotulien
– (sub)luxation
Les problèmes orthopédiques surviennent dans 80 à 90% des patients SED, d’où l’importance de former davantage les chirurgiens orthopédiste à la pathologie [25].

La sévérité des symptômes au niveau de la zone des chevilles et des pieds chez les SEDh/HSD dépend de l’hypermobilité globale du patient. On retrouve sept troubles majeurs [24]:
– les entorses
– neuropathie au niveau du nerf péronier
– pronation exagérée du pied
– pieds plats
– Hallux Valgus (bunions), bosse proéminente sur la partie interne de l’avant-pied.
– fasciite plantaire. En général, cela se manifeste par une douleur au niveau du talon.
– (sub)luxations des orteils

Bibliographie

[24] Published book 2017 « Understanding hypermobile Ehlers-Danlos syndrome and hypermobility spectrum disorder » Claire Smith

[25] BMJ Case Rep 2018. doi:10.1136/bcr-2017-223395 « Knee joint instability after total knee replacement in a patient with Ehlers-Danlos syndrome: the role of insert changes as practical solution » Ajmal Farid, Stefan Beekhuizen, Joris van der Lugt, Marijn Rutgers

[57] 2003 ISBN 0750653906 « Recognition and management for physiotherapists. » Keer, Grahame

Coudes, poignets, mains

L’hyperextension des coudes est très courante et contribue à l’endommagement des ligaments et des muscles. Un second soucis est la pronation du coude, qui est une subluxation de la tête radiale. La prévalence d’enfants avec une pronation du coude est bien plus élevée chez les SEDh/HSD [24] [55].

Les dysfonctionnements de la main sont liés à la laxité ligamentaire. Toutes les petites articulations de la main sont affectées, menant à une instabilité / (sub)luxations / hyperextension des doigts et du pouce. Écrire ou couper des légumes peut d’ailleurs conduire à des blessures de « sur utilisation » comme une fatigue de la main, des crampes, des douleurs et des luxations [24]. L’utilisation d’objets adaptés et d’attelle de phalanges (ring splints, anneaux de Murphy) est donc fortement recommandé.

Dans la population classique, le poignet est déjà l’articulation qui est la plus souvent blessée. Chez les patients SEDh/HSD, on retrouve une faiblesse/instabilité du poignet, une compression des nerfs (avec des symptômes mimant un canal carpien) et compression du nerf ulnaire [24].

L’arachnodactylie est aussi associée au SED et à Marfan [24].

Bibliographie

[24] Published book 2017 « Understanding hypermobile Ehlers-Danlos syndrome and hypermobility spectrum disorder » Claire Smith

[55] 2008 « Fundamentals of paediatric orthopaedics 4th edition » Staheli

Épaules, torse et côtes

Le problème le plus fréquent est l’instabilité multidirectionnelle de l’épaule (MDI) [43], épaule où il y a trois articulations majeures: articulation sternoclaviculaire, articulation acromio-claviculaire, articulation gléno-humérale. La MDI est caractérisée par une laxité symptomatique de l’articulation gléno-humérale et cause de nombreux problèmes: douleur, nerf coincé, problèmes aux ligaments et, évidemment (sub)luxations [24]. En effet, une grande laxité au niveau de la capsule articulaire empêche la tête de l’humérus de rester bien centré et donc à sa place.
On retrouve aussi des douleurs au niveau des omoplates, ainsi qu’une sensation de pression/d’inconfort à ce niveau [24], car ses derniers ne sont plus dans la conformation d’origine. On parle de syndrome angulaire de l’omoplate, syndrome à traiter en priorité lorsque le patient souffre de (sub)luxations fréquentes [24].
Enfin, il est important de noter que chez les patients SED, en plus de l’hypermobilité/instabilité, les épaules peuvent présenter des symptômes à cause d’une tendinite de la coiffe des rotateurs ou d’un syndrome de la coiffe des rotateurs [24] [44].

Bien que peu étudié, le syndrome des côtes glissantes (syndrome de Cyriax) est courant chez les SED et conduit a des douleurs thoraciques [45]. Ce phénomène arrive lorsque les ligaments sterno costaux sont faibles, menant à ce que les côtes se déplacent. Cela peut notamment être déclenché lorsque le patient tousse ou se mouche [24].
Les subluxations des côtes/côtes glissantes sont souvent mal perçus par le corps médical qui a du mal à croire à un tel phénomène, notamment car les côtes ne sont pas considérées, à proprement parlé, comme des articulations. Malgré tout, elles sont soumises aux mêmes problèmes (ligaments, tendons, cartilages) et ces phénomènes causent de très fortes douleurs, notamment lors de la respiration [24].
Il existe aussi la costochondrite, une inflammation des côtes et du cartilage dont la cause est actuellement inconnue. La douleur, de part sa localisation et sa nature, mène souvent les patients SEDh/HSD aux urgences, les laissant penser qu’ils sont entrain d’avoir un gros problème cardiaque [24].

Bibliographie

[24] Published book 2017 « Understanding hypermobile Ehlers-Danlos syndrome and hypermobility spectrum disorder » Claire Smith

[43] JBone Joint Surg Am. 2010 Jun; 92(6):1545-57 « Shoulder instability in patients with joint hyperlaxity. » Johnon SM

[44] 2014 « Multidirectional instability of the shoulder. » Anderson B.C

[45] 2010 « Joint hypermobility handbook – a guide for the issues & managements of EDS hypermobility types and the hypermobility syndrome » Tinkle B.T